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Gankutsuou

Gankutsuou
Mahiro Maeda (cofondateur de Gonzo), après avoir échoué à débloquer les droits d'adaptation du roman "Terminus les Étoiles" d'Alfred Bester, décide de se tourner vers la célèbre œuvre d'Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, à laquelle ce roman fut très souvent comparé, pour créer la série Gankutsuou.

Le jeune Vicomte Albert de Morcerf profite du carnaval sur la planète Luna avec son ami Franz d'Épinay lorsqu'il fait la rencontre d'un mystérieux et fascinant personnage se faisant appeler le Comte de Monte-Cristo. Leurs chemins se recroiseront pour que ce nouvel ami finisse par demander à Albert de l'introduire dans la haute société parisienne où il compte s'établir. Alors qu'il est présenté à la famille d'Albert et ses amis, le Comte semble leur témoigner un intérêt bien étrange…

Albert de Morcef : jeune vicomte sincère et un peu niais, il a foi en la bonté des gens, mais l'arrivée du Comte va bouleverser ses croyances.

Le Comte de Monte-Cristo : énigmatique et richissime nouveau venu qui suscite bien des rumeurs dans la haute société parisienne.

Franz d'Epinay : ami de toujours d'Albert, il voit d'un mauvais œil la nouvelle amitié de celui-ci avec le Comte, qu'il perçoit comme un manipulateur cruel.

Le scénario


Le scénario de base, celui d'Alexandre Dumas, est juste parfait et l'anime aurait pu se contenter de le servir tel quel sans réfléchir plus loin. Pourtant (et heureusement pour nous), ce ne fut pas le cas! L'histoire ici, contrairement au roman original, n'est pas abordée du point de vue du Comte de Monte-Cristo, mais du point de vue du jeune Vicomte Albert de Morcerf, personnage à la base totalement secondaire. Ce choix judicieux nous fait alors découvrir le personnage du Comte petit à petit par ses yeux. Dès lors, on ignore tout du passif de cet étrange individu, et de comment il s'est construit.
Le récit est donc limité à une seule période dans le temps, celle du jeune Albert, où on l'on va s'affairer à découvrir qui est le Comte et quelles sont ses desseins. Le scénario intègre également une dimension fantastique autour du personnage du Comte de Monte-Cristo, même si celle-ci reste en arrière-plan par rapport à l'univers où se déroule l'action. En effet, cet ajout sert principalement à "l'aura" du personnage, sans toutefois influer sur la trame de l'intrigue ni trahir l'esprit du roman. Cela propose néanmoins une lecture un petit peu différente du personnage, le rendant plus fascinant et plus humain à la fois. Le positionnement de l'action dans un futur proche est un choix intéressant, qui ne bouleverse pas l'histoire, mais ne lui apporte rien de très pertinent non plus. De fait, la géographie de l'anime est extrapolée : les pays étrangers deviennent des planètes étrangères, et on y voyage par vaisseau spatial. Ce parti pris sert en revanche directement les choix graphiques faits par la production.


La narration


Le rythme de la narration est plutôt bien géré tout au long des épisodes. Chacun a des éléments forts, rebondissements, découvertes et révélations sans temps mort, et ce avec une forte accroche émotionnelle grâce au recentrage sur Albert. Le tout nous démontre donc d'une part que l'histoire de base est sacrément bien ficelée, et d'autre part que Gonzo a très bien réussi à l'adapter au format (rappelons quand même que l'oeuvre de Dumas fut à la base publiée sous forme de feuilleton dans la presse, le pari n'était donc pas si fou).


Les personnages


Les personnages sont très bien dépeints, fidèles au roman de Dumas tout en étant subtilement remis au goût du jour, ce qui donne à l'oeuvre une certaine fraîcheur. Le Comte a un charisme monumental et, tout comme Albert, on se retrouve rapidement sous l'emprise de cet individu effrayant et fascinant à la fois. Notre Albert en question est un héros classique, benêt, sympathique et trop honnête comme on en croise dans beaucoup d'animes. Ce choix est peu original, mais au final, ceux qui seront tombés sous l'emprise du Comte arriveront totalement à s'identifier à Albert de Morcerf car lui-aussi est justement pris dans la toile de ce mystérieux personnage au même titre que le spectateur.


Les thèmes abordés


La vengeance et la trahison sont des thèmes intemporels et inépuisables. Ils sont ici enrichis du point de vue de la victime - Albert - fascinée qui tombe dans le filet du vengeur.
Outre cet axe central, l'anime évoque en toile de fond un sujet récurrent dans les animes et mangas, qui est celui de la trahison des adultes envers leurs enfants. En effet, Albert et ses amis vont souffrir tantôt en tant que pions de leurs parents, tantôt en tant que dommages collatéraux du passé de ceux-ci. Après visionnage de toute la série, on se rend d'ailleurs compte que l'histoire contient plusieurs trahisons et vengeances imbriquées dans la trame principale, et que l'enjeu est alors pour les personnages d'arriver à sortir de cette mécanique.


Les graphismes/animations


L'impression qui se dégage à première vue de l'anime s'apparente à un certain foutoir visuel. Le character-design en lui-même est beau et propre sans être excessivement original, mais le, ou plutôt les deux nerfs graphiques de l'anime résident en son traitement des costumes et des décors.


D'une part, les costumes (et les cheveux) de chaque personnage sont "remplis" par des textures fixes qui ne suivent pas le mouvement des contours qui les contiennent. Ce mapping donne une identité visuelle très marquée à l'anime, et même si un petit temps d'adaptation pourra être nécessaire pour l'œil du spectateur, le résultat est magnifique. La production revendique assez justement des influences de Gustave Klimt et de la période moderne européenne plus généralement. C'est presque par hasard que la créatrice américaine Anna Sui s'est retrouvée à visiter le studio Gonzo pendant la pré-production de la série, et décida de prendre part au projet. Elle a conçu la majorité de ces textures auxquelles seront allouées les quelques 30% du budget total de production.

Le second "axe" visuel des graphismes réside dans l'utilisation d'images 3D pour les décors.
Ceux-ci forment un ensemble très, très, très hétéroclite d'intérieurs bourgeois surchargés, de campagne vide, d'architecture tantôt européennes tantôt complètement futuristico-surréalistes, et d'éléments parfois juste non-identifiables… Là aussi, le travail d'élaboration fut énorme de la part de Gonzo, et ce dans des délais très serrés.

Tout aussi noble que soit l'effort, il faut reconnaître qu'à force de taper sur l'œil, ça finit par faire mal. De plus, le rendu de l'animation 3D a assez mal vieilli. Autant le traitement des textures sur les personnages est très intéressant et très beau (bien qu'on puisse mettre du temps à y être sensible), autant on peut se demander à quoi sert la pléthore d'efforts déployés à créer ces décors et assemblages cacophoniques, à part nous dire "ça se passe dans le futur, c'est ça le futur". Mais bon, on peut arriver à se faire à ce fourbi 3D en totale contradiction avec les textures en à-plat, pour au final apprécier les très belles ambiances colorées.


OST/doublages


Les doublages sont très réussis, les personnages ont vraiment de la profondeurs et témoignent d'émotions à la hauteur de l'histoire. Joji Nakata, qui double le Comte de Monte-Cristo, nous offre en ouverture de chaque épisode quelques sympathiques vers dans un français presque compréhensible (on remerciera quand même les sous-titres pour nous guider l'oreille).

Kasamatsu Kouji et Jean-Jacques Burnel (bassiste-chanteur des Stranglers) collaborent pour nous offrir une magnifique OST, variée et cohérente avec l'univers. De mystérieuses et envoûtantes ambiances sont illustrées (Tentaigi, Chika Kyuugen), aux côté de mélodies plus tristes, nostalgiques, torturées voire oppressantes, sans oublier de grands morceaux classiques. Le génial morceau Montecristo mêle le registre classique et électro, avec une introduction tout bonnement frissonnante, nous faisant voyager entre le lyrique, l'épique et le thriller. L'OST prend parfois un tournant étonnant pour nous amener là où on ne s'attendait certainement pas à se retrouver, comme dans le titre Desire qui nous transporte pour notre plus grand bonheur en plein western spaghetti, ou encore Anger qui fait vibrer guitares électriques et basses entre deux chœurs. Jean-Jacques Burnel interprète les très beaux opening et ending de la série, We Were Lovers et You Won't See Me Coming, chacun dans des styles très différents (autant musicalement que visuellement), ainsi que le titre Waltz in Blue en français. S'il ne fallait retenir qu'un titre, ce serait probablement le superbe Kaishou, thème du Comte de Monte-Cristo, qui illustre à la perfection ce personnage et toute l'ambiance de l'anime.

Le design de l'anime peut en rebuter certains de prime abord, mais ceux-ci auraient tord de s'y arrêter sans poursuivre l'histoire qui vaut réellement le coup. Une fois passé le cap esthétique, il faudra se faire violence pour ne pas avaler toute la série d'un seul coup. Au final, Gonzo nous offre une adaptation du roman de Dumas qui met superbement en valeur son intrigue tout en apportant sa propre lecture, et fait preuve d'originalité par son traitement graphique.
, le 17.10.2014

Commentaires 1

Note moyenne des commentaires : 1 2 3 4 5
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Kanon Voir le profil
29.10.2014 à 06h49
Comment c'est la classe, comment elle a les bras chargés de cadeaux Duet.
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Titre original Gankutsuou
1ère parution
Genre(s) Aventure, Drame
Épisode(s) 24
Auteur(s)
Statut Licencié par Kero Video / Déclic Images
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