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Coelacanth

Coelacanth
À l’image de la créature des abysses dont il porte le nom, Cœlacanth s’éloigne quelque peu des standards habituels du genre Shojo auquel il appartient. Oscillant entre thriller, drame et fantastique, cette œuvre s’annonce sombre et mystérieuse.

Un matin, tous les élèves d’un lycée sont convoqués pour une assemblée durant laquelle le directeur leur annonce qu’un professeur, Mr Mogi, a été assassiné. Une nouvelle qui semble bouleverser tous les élèves, exceptée Hisano Satomi. Apparaît alors devant elle un mouton qu’elle seule peut voir et qui lui reproche d’être sans cœur.
Dans la journée, la jeune fille et son camarade de classe Kentarô sont convoqués chez le directeur et interrogés par la police qui souhaite savoir quel genre de personne était Mr Mogi. En sortant du bureau, Kentarô ruse pour récupérer les affaires que le professeur lui avait confisquées, notamment un magazine dont la couverture montre une écolière devant un bâtiment en feu. Cette enfant se révèle être Hisano. On apprend alors qu’elle aurait dû se trouver dans cet immeuble si, en rentrant de l'école, elle n'avait pas été renversée par un jeune garçon à vélo couvert de sang, celui-ci s’étant enfuit en laissant dernière lui un objet en forme d'écaille de poisson que la petite fille garda comme porte-bonheur.
Un peu plus tard dans la soirée, Hisano rencontre un jeune homme possédant un poudrier en forme de poisson auquel l'écaille trouvée dix ans plus tôt semble appartenir...

Hisano Satomi : L’héroïne orpheline au passé difficile.
Lycéenne introvertie, Hisano a perdu ses deux parents l’un après l’autre et vit à présent avec la seconde épouse de son père et ses deux petits demi-frères. Elle a des hallucinations (?) prenant l'apparence d'un mouton. D’apparence fragile, elle se révélera plus forte qu’elle n’y parait.

Yukinari Yanagi : Le beau gosse entouré d’une aura de mystère et de danger.
Un « escorte boy » au regard froid et au sourire énigmatique. Un peu plus âgé qu’Hisano, il semble avec un lien avec l’incident survenu 10 ans auparavant.

Le mouton : Sarcastique mais pas si méchant, son rôle est de mettre à nu les sentiments de l’héroïne.
Une hallucination ( ?), sorte de représentation du subconscient d’Hisano. Un personnage mystérieux, dont les apparitions sont à la fois mignonnes et inquiétantes limite lugubre.

Kentarô Kohara : L’éternel gentil ami-garçon amoureux en secret de l’héroïne.
Un camarade de classe d’Hisano. Enjoué, il apparaîtra plus réfléchi qu’il n'en a l’air, n’hésitant pas s’investir pour faire éclater la vérité ou pour protéger Hisano.

Kurumi Shimizu : La fille au faux-sourire, celle dont il faut se méfier.
Une étudiante en médecine, proche de Yukinari. Sous son apparence calme et sûre d’elle, elle dissimule quelque chose.

Développement


Au premier abord, Coelacanth présente toutes les caractéristiques du Shojo. On y retrouve une héroïne au passé lourd, plutôt solitaire, et qui un soir rencontre un beau ténébreux qui va changer sa vie… Et pourtant, ce titre est unique en son genre. Sombre et intriguant, il réveille le Shinichi Kudo qui se cache dans chacun de nous... ou pas.

L’histoire débute avec la mort d’un professeur et l’enquête qui s’en suit, mais le cœur de l’intrigue évolue autour du drame qui s’est déroulé 10 ans auparavant. Oscillant entre passé et présent, illusion et réalité, Coelacanth est un vrai puzzle. Au fil de la lecture, on a des suspects et des soupçons, sans toutefois comprendre et sans savoir où toute cette histoire va nous mener. À la fin du premier tome, on devine des connexions entre certains faits et personnages, mais cela nous pousse seulement à nous poser encore plus de questions. Le mystère reste entier et ne se dévoile qu’à la fin du second tome. L’auteur a su préserver le suspense, un point non négligeable lorsqu’il est question de « thriller-manga ».

Avec un scénario plutôt original, Cœlacanth sort des sentiers battus. Sous couvert d’une intrigue policière, Kayoko Shimotsuki traite de sujet sérieux et de drames humains (cf point "thèmes abordés"). Les scènes, souvent tristement réalistes, sont poignantes mais sans jamais tomber dans le cliché. Le côté angoissant du manga est par moment atténué par une touche de romance et quelques passages humoristiques, ce qui donne à l’œuvre une atmosphère particulière.

Une dernière remarque avant de passer aux personnages. Avec un développement de l’histoire assez tortueux, Cœlacanth peut toutefois sembler confus par moment. Je ne peux donc que conseiller de ne pas s’arrêter à cela et de lire les deux tomes à la suite.


Personnages


En dépit d’un temps de récit assez court, les différents personnages sont bien développés. Loin d’être fades, ils sont assaillis par le doute, la douleur, l’amour et pour certains par la haine. Au fil des deux tomes, on voit se dessiner une vraie évolution. Après quelques péripéties et malgré tout ce qu’ont subi les différents personnages, le manga finit sur une note plutôt optimiste.

Un dernier point sur le Mouton. Une hallucination(?) née du sentiment d’abandon éprouvé par Hisano après la mort de son père. Un personnage à part entière qui permet à l’auteur de faire entendre la voix intérieure de la jeune fille, de dévoiler ses pensées les plus profondes, ses doutes et ses peurs. Avec ses mimiques et ses répliques cinglantes, le Mouton est le personnage le plus charismatique de l’œuvre. Un véritable ovni sans qui ce manga perdrait de son originalité.




Graphismes


Question graphismes, le trait de Kayoko Shimotsuki est tout en finesse. Épuré, avec toujours cette touche de mélancolie. Un sentiment que l’on retrouve d’ailleurs dans les tons pâles des couvertures. Les mouvements sont fluides et bien retranscrits. Le style est simple, mais reste expressif. Les personnages de Kayoko Shimotsuki ne sont pas lisses. Leurs visages et plus particulièrement les yeux et la bouche reflètent toutes leurs émotions. L’auteur joue avec les ombres et les noirs intenses et le rendu est plutôt réussi. Le mouton, par exemple, apparaît le plus souvent sur fond noir ce qui accentue son côté inquiétant.


Thèmes abordés


Du côté des thèmes sous-jacents, on retrouve sans surprise, n’oublions pas qu’il s’agit d’un Shojo, les problèmes existentiels typique de l’adolescence : premier amour, mal-être, etc.
Hisano se sent différente des autres, comme s’il lui manquait quelque chose. Tout comme bon nombre d’adolescents, notre jeune protagoniste a bien dû mal à trouver à sa place dans ce monde, que ce soit au sein de sa famille ou au lycée.
Ce qui fait l’attrait de ce titre, ce sont les autres sujets plus complexes et plus sombres abordés par l’auteur, tels que le délaissement d’enfant, la maltraitance, le deuil, les relations familiales avec notamment les difficultés des familles recomposées, ou encore la culpabilité. C’est en ça que Cœlacanth fait partie de ce que je ne nomme « Shojo sérieux ». Un scénario plus mûr et plus sombre que dans un Shojo classique et un récit qui tend vers un certain réalisme ou du moins qui n’est pas idéaliste.

Réussissant sans peine à plonger le lecteur dans le récit et à distiller un certain suspense jusqu’au dénouement, Kayoko Shimotsuki nous offre une œuvre intrigante chargée d'émotion sans tomber dans le pathos. Dramatique et esthétique, Cœlacanth mérite sa place sur vos étagères.



Pas la peine de le cacher, je sais que vous brûlez d’envie de savoir ce qu’est un "Cœlacanthe" ! Après des heures de recherches intensives se résumant à un clic sur le lien qui ouvre la porte de tous les savoirs, j’ai nommé mon très cher ami Google, je peux vous affirmer une chose : il s’agit d’un poisson. Mais pas n’importe quel poisson, c’est une légende vivante, une créature vieille de millions d'années que la communauté scientifique a longtemps crue éteinte. Un gentil (?) petit monstre de près d’1m50 de long dont l’apparence est restée quasiment inchangée depuis 65 millions d’années, ce qui lui vaut d’ailleurs le surnom de "fossile vivant". Autre chose à savoir : le cœlacanthe nage très mal à cause de ses nageoires qui comportent des os et qui ne sont pas adaptés à la taille de son corps. Il se déplace plutôt comme un vertébré, en bougeant ses « membres-nageoires » à tour de rôle.

Dans le manga, l’écaille du poudrier n’est donc pas la seule référence à ce célèbre poisson. Tout comme le cœlacanthe, les personnages ont dû mal à trouver leur place. Ils se sentent différents, comme inadaptés à leur environnement, ce qui ne les empêchera pas de continuer à « nager » et d’avancer.

Mieux vaut finir sur une image du fameux poudrier parce qu'un Cœlacanthe, c'est pas très beau à voir...
, le 22.10.2014

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Titre original Shiirakansu
1ère parution
Genre(s) Drame
Volume(s) 2
Auteur(s)
Éditeur Soleil
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