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Le labyrinthe des sentiments

Le labyrinthe des sentiments
Que penser de votre boss quand vous le croisez pour la première fois dans l’ascenseur avec une haleine de poney crevé doublée d’une odeur à faire fuir n’importe qui ? Certainement pas quelque chose de flatteur. Et c’est bien ce que se dit Shima le premier jour de sa nouvelle embauche.

Togawa, ce fameux supérieur, fume, boit, le force à sourire, sortir de sa coquille et le pousse à bout tout en étant à la fois très attentionné, prévenant… et diablement sexy.
Malgré une attirance manifeste, Shima refuse de se laisser aller à ce que lui réclament ses sentiments, hanté par les conséquences qu’a entraîné sa dernière relation.
Seulement, Yosuke Togawa n’est pas le type d’homme qui craint les risques…


Toshiaki Shima : Nouvel arrivant dans l’entreprise, Toshiaki est un jeune homme qui semble d’humeur égale, détachée. Appliqué et consciencieux, il ne souhaite qu’une chose : repartir de zéro. Ne pas faire de vagues, et surtout, surtout !, ne pas réitérer les erreurs passées malgré ses sentiments.

Yosuke Togawa : Le responsable du département dans lequel Shima travaille. Nonchalant et la clope au bec en toutes circonstances, Yosuke peut paraître bien volage et inconstant, mais il se révélera attentif au bien-être de son entourage (et surtout à celui de son nouveau collègue! ), dissimulant une sensibilité pointue sous ses sourires.


-Qualité et cohérence du scénario

Le Labyrinthe des Sentiments possède un atout majeur : un scénario de qualité, et surtout cohérent. L’intrigue évolue progressivement, de façon logique et humaine, au gré des réflexions, des tâtonnements et parfois même des obligations des personnages. Dans ce one-shot, on ne fait pas « du yaoi pour du yaoi » avec son lot de paires de fesses masculines (oui, il y a du sexe, et on ne serait même pas contre une planche ou deux de plus, mais ça reste soft) mais on nous raconte une véritable histoire de sentiments, de peurs et de désirs, sans tomber dans la guimauve ou le « déjà vu », même si le pitch de départ pourrait le faire penser.

Cela va bien au-delà du stéréotype de la relation supérieur-employé, elle n’est qu’un tremplin, un élément justifiant la rencontre tout en étant à la fois important à prendre en compte. Surtout aux yeux de Shima qui n’arrive pas à voir cette attirance autrement que comme un danger pour son avenir.


On est happé par la complexité intérieure des personnages, véritablement fouillés, sensibles sans en faire trop… tout simplement humains, dans leurs désirs et leurs contradictions.
Ils n’évoluent ni trop rapidement pour que ce soit trop « cousu de fil blanc », ni trop lentement, mais à un rythme réaliste dans la construction d’une relation timide, tout simplement. Les personnages se posent des questions simples mais vraies et cela, quelles qu’en soient les conséquences, même douloureuses.Le one-shot se déroulant sur plusieurs mois, on a véritablement l’impression d’une construction, d’une évolution progressive, ce qui permet d’exacerber le ressenti des protagonistes.



- Thématiques abordées


Comme dans beaucoup d’histoire d’amour, de relation, on retrouve dans Le labyrinthe des Sentiments la thématique de la peur de l’engagement, de savoir composer avec les désirs de chacun. Mais au travers de ses personnages, Kou Yoneda exploite plus particulièrement l'impact du passé sur notre façon de nous comporter, d'envisager les choses. Toshiaki, comme Yosuke ont des manières de réagir qui trouvent leurs raisons dans leurs passés respectifs, que cela concerne une relation homosexuelle ou la famille.
Elle parsème son récit de réflexions sur le harcèlement au travail, l'intolérance sur les couples gay, mais aussi sur la difficulté de le vivre aussi au quotidien sans non plus aller trop dans la pitié, ou l'exagération.
Il y a une sensibilité particulière à cette relation, et on peut à la fois s'y raccrocher puisque ce que vivent les protagonistes, on l'a vécu, connu, ou on peut tout autant la ressentir.


- Graphisme.

Ici, pas de paillettes et d’œillades étoilées style pur shojo ou a contrario de la testostérone à profusion : le trait de Yoneda est emprunt d’une certaine simplicité, un style presque épuré, de non-dits dans les ombres et les regards que se jettent les protagonistes. C’est surtout ce dernier point qui renforce l’impact des émotions sur le récit. Les visages sont expressifs et les gestes fluides. On sent la tension entre les personnages, les questions restées en suspens entre deux coups d’œil.
Un petit bémol quand même sur les décors de manière générale, qui mériteraient plus de précision et de détails, mais cette sobriété permet aussi de se concentrer pleinement sur l’interaction entre les personnages et l’avancement de l’intrigue.


Premier ouvrage de Kou Yoneda à arriver sur le sol français, le Labyrinthe des Sentiments est l’occasion de découvrir une mangaka capable de nous mener par le bout du nez dans un méandre de simplicité, mais surtout d’humanités percutantes. (Elle a d’ailleurs été l’une des invités d’honneur du TGS 2013 !)
Pour vous dire, je l'ai relu trois ou quatre fois et c'est toujours avec un serrement au cœur, une émotion à fleur de peau, que je referme ce one-shot.
Parmi la production foisonnante de manga yaoi sur le marché, le Labyrinthe des Sentiments possède ce petit plus d’originalité réaliste et poignante qui nous marque, cette patte scénaristique qui fait qu’on accroche dès les premières planches, entre humour, dérision, et émotions qui nous prennent à la gorge.

Une histoire de messieurs « tout le monde » sans en être totalement, Le labyrinthe des Sentiments est pour moi l’un des one-shot yaoi à avoir dans sa bibliothèque, fana du genre ou même curieux/amateur d’histoires, romances qui sonnent vraies.

Bref un coup de cœur à lire et à relire !
Premières pages à découvrir : Extrait


L'univers de Togawa et Shima ne s'arrête pas là... Un conseil : souvenez-vous du collègue à lunette, sympa et toujours prêt pour rendre service.
Quelques années après la parution du Labyrinthe des Sentiments, Kou Oneda replongeait dans leurs univers à travers les yeux d'Onoda... Entre illusions, amours déçus et introspections furieuses, l'auteur nous livre une histoire dérivée, Mon amour à tout jamais, quelques années plus tard. Et après tout, pourquoi les personnages secondaires n'auraient-ils pas droit à leur petit bonheur ? (avec prises de tête évidemment, sinon ce n'est pas drôle !)
Une sorte de suite donc, mais différente. Plus mâture encore, et on se régale encore une fois !

, le 23.01.2015

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Titre original どうしても触れたくない - Dôshitemo Furetakunai
1ère parution
Genre(s) Amour & Amitié, Yaoi
Volume(s) 1
Auteur(s)
Éditeur Taifu Comics
Site officiel www.manga-news.com
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